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 Le Trotteur Français

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Malana
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MessageSujet: Le Trotteur Français   Mer 16 Jan 2019 - 10:36

INTRODUCTION

Le trotteur français (TF) est une race chevaline issue des anciennes races de chevaux carrossiers normands et sélectionnée uniquement pour les courses de trot. Ses origines remontent au début du XIXe siècle en Normandie et sont fortement liées à l'élevage de chevaux anglo-normand. Croisés dans un premier temps avec des trotteurs Norfolk, des Pur-sang anglais et des trotteurs Orlov, le trotteur français ne prend le nom sous lequel on le connaît aujourd'hui qu'à partir de 1922. Plus récemment, il a fortement subi l'influence positive du standardbred américain, avec lequel il a été croisé à partir de la fin des années 1970. Sans standard fixe, c'est un cheval qui, néanmoins, se caractérise par un modèle compact, avec une arrière-main très développée, un sternum proéminent et une tête rectiligne, voire légèrement busquée. L'élevage de la race est concentré en Basse-Normandie et est plutôt représenté par de petits éleveurs ne possédant qu'une ou deux juments. Élevé et sélectionné pour les courses de trot, il peut également devenir un excellent cheval de loisir et de compétition s'il est amené à être réformé. Dans le monde des courses, des chevaux comme Gélinotte, Jamin, Roquépine, Une de Mai, Bellino II, Idéal du Gazeau, Ourasi, Jag de Bellouet, Timoko, Bold Eagle sont entrés dans la légende et sont devenus les ambassadeurs du trotteur français à travers le monde.


HISTOIRE

Les origines du trotteur français sont liées à l'élevage de chevaux anglo-normand en Normandie, dont l'un des types, dit carrossier, est spécifiquement destiné à l'attelage. Les premières courses de trotteurs en France ont lieu en 1836, sur la grève de Cherbourg, à l’instigation d’Éphrem Houël, officier des Haras nationaux. Ce dernier estime que les courses de trot sont le meilleur moyen de sélectionner les meilleurs étalons de selle. Les premiers croisements ont lieu dans les années 1830. Des juments indigènes sont alors croisées avec des étalons Pur-sang anglais et Pur-sang arabes. Mais les résultats sont décevants. Dans les années 1850, les éleveurs normands commencent à utiliser des trotteurs Norfolk en croisement, race de trotteurs aujourd’hui disparue, ainsi que des Pur-sang anglais et des trotteurs Orlov importés de Russie. En 1864, est fondée la Société du cheval français de demi-sang qui deviendra plus tard la société d'encouragement à l'élevage du cheval français. C'est sur cette période que naissent les principaux chefs de race : Conquérant (1858), Lavater (1867), Normand (1869), Niger (1869) et Phaéton (1871). La quasi-totalité des trotteurs français descend de ces cinq étalons. Dans un premier temps, on privilégie les courses au trot monté et les longues distances. Mais progressivement, après la Première Guerre mondiale, le trot attelé devient la discipline reine et les chevaux gagnent en vélocité. Cela a pour effet d'orienter la production vers deux types de trotteurs : le premier, grand et charpenté, adapté au trot monté, et le second, plus léger pour le trot attelé. Les premières courses de trot à Paris ont lieu en 1873 dans le bois de Boulogne, mais il faut attendre 1879 pour que soit inauguré à Vincennes le premier champ de courses réservé aux trotteurs en région parisienne. C'est sur cet hippodrome que se dispute le 1er février 1920 le premier Prix d'Amérique, en hommage aux morts américains de la Grande Guerre. S’y illustrent notamment Pro Patria, premier vainqueur, ainsi que d'autres trotteurs restés dans la légende comme Uranie ou Amazone B.

Le ministère de l'Agriculture crée le premier livre généalogique du trotteur français en 1906 mais la race n'est reconnue officiellement sous le nom de « trotteur français » qu'en 19226. Le studbook est alors ouvert et tous les chevaux anglo-normands capables de courir un kilomètre en 1 minute 42 secondes y sont inscrits. Il est fermé en 1937, empêchant ainsi tout ajout de sang étranger.


MORPHOLOGIE

Le trotteur français ne possède pas de standard. On distingue néanmoins de grandes caractéristiques communes à la race. C'est un cheval compact mais longiligne, solide, robuste et relativement imposant, doté d'un dos court et d'une arrière-main puissante. Sa tête est bien attachée, rectiligne, voire légèrement busquée. Le front est large, les oreilles longues et écartées, les naseaux ouverts et les yeux vifs. Son sternum est proéminent. Son épaule était à l’origine assez droite, mais ce défaut a été corrigé et elle est désormais d'une inclinaison satisfaisante, ce qui permet un geste plus étendu, allant chercher loin le terrain. Son garrot est bien marqué, mais plat sur le dessus. Les reins sont bien développés. La croupe est large, légèrement oblique et les cuisses sont particulièrement puissantes. Ses membres sont également puissants et résistants, tout comme ses pieds, particulièrement durs. Sa peau est fine et élastique.

C'est un cheval qui mesure entre 1,60 m et 1,70 m, mais on trouve également des modèles légers autour de 1,55 m et des modèles plus forts autour de 1,75 m. Comparé aux autres races de trotteurs, il est plutôt grand. Cette particularité s'explique par l'attrait des Français pour les courses de trot monté. Dans ces courses, le cheval doit être capable de porter le poids du jockey, ce qui explique pourquoi le trotteur français est plus grand, plus robuste et plus résistant que les autres trotteurs.

CARACTÈRE

Tout l'effort de sélection chez la race portant sur la course au trot, les éleveurs recherchent un cheval « qui doit trotter vite et bien, et le plus tôt possible ». Les chevaux délicats ou au caractère difficile et qui ne se révèlent pas dès les premières courses sont rapidement retirés de la compétition. Le trotteur français est, de ce fait, réputé pour sa docilité et son tempérament volontaire. Il est équilibré, généreux et calme. Obéissant, il doit aussi faire preuve d'une grande combativité. En course, il doit posséder autant de qualités d’endurance que de vitesse.

UTILISATION

• Courses hippiques

Le trotteur français est, par son histoire et son élevage, destiné aux courses de trot. Tout au long de sa carrière, il subit un débourrage, un apprentissage et un entraînement spécifique, qui lui permettront d'obtenir la qualification, sésame nécessaire à l'entrée dans le monde des courses.

Son entrée dans le monde des courses est précoce puisque le débourrage d'un trotteur s'effectue vers dix-huit mois, alors que les chevaux de sport sont généralement débourrés vers trois ans. Après le débourrage, le trotteur français entame un dressage spécifique où il apprend le travail aux longues rênes, puis l'acceptation du harnais auquel on fixe de longs brancards traînant au sol, simulant le sulky. L'apprentissage se poursuit par l'utilisation d'une dresseuse, qui est une voiture lourde et massive, puis par celle d'une road-car, qui est une voiture plus légère. Sur ces premières voitures, le driver est aidé par d'autres personnes qui l'accompagnent et qui sont là pour intervenir en cas de problème. Le trotteur n'est attelé au sulky qu'à la toute fin de son dressage, le driver étant le seul maître à bord.

Une fois le dressage terminé, on entame une période d'entraînement, qui va permettre de développer la musculation et le souffle du cheval. Celui-ci se poursuivra tout le long de la carrière du cheval en courses. On distingue trois types d’exercices dans l’entraînement traditionnel : la promenade de 45 à 60 minutes, généralement utilisée lors des lendemains de courses dans un but de détente ; l’américaine qui est un entraînement sur une distance comprise entre 6 000 mètres et 12 000 mètres à une vitesse de 1 minute et 40 secondes à 2 minutes au kilomètre ; le travail énergétique qui peut être continu ou semi-fractionné, et qui demande une accélération progressive à l’animal. À ce type d’exercice spécifique s’ajoute aussi un travail de récupération qui consiste à rentrer à l’écurie au petit trot pendant 2 à 5 minutes. L’ensemble de l’entraînement s’effectue dans l’esprit des courses de trot à savoir que seule l’allure du trot est autorisée.

L'accès aux courses n'est accessible que sur qualification. C'est l'entraîneur qui décide du moment opportun pour présenter son cheval. La qualification est un test d'aptitude chronométré. Les trotteurs peuvent se qualifier pour les courses à 2, 3, 4, 5 ans et plus. La qualification consiste à effectuer une course en condition réelle sur une distance de 2000 mètres et à établir un temps de référence moyen sur 1 000 mètres (appelé aussi réduction kilométrique) en fonction de l'âge.

Ces qualifications sont régies par la société d'encouragement à l'élevage du cheval français et se tiennent sur les hippodromes homologués) sur l'ensemble du territoire français, notamment à Caen et sur l'hippodrome du centre d'entraînement de Grosbois. Ces tests sont très sélectifs puisque 60 % des trotteurs d'une génération ne passent pas les tests de qualification.

La carrière d'un trotteur en course est assez longue, puisqu'il peut courir jusqu'à l'âge de 10 ans. Les meilleurs sujets sont ensuite utilisés en tant que reproducteurs dans la filière courses. Les trotteurs, ayant échoué aux tests obligatoires ou ayant terminé leur carrière en courses, sont revendus pour devenir des chevaux de loisir ou de sport. Un bon nombre d'entre eux, trop difficiles à reconvertir, est revendu à la boucherie au prix de la viande. De nombreuses associations tentent de sortir ces réformés de la filière viande, les recueillent et les revendent pour généralement moins de 1 000 euros.


• Autres disciplines

Les trotteurs réformés, après une rééducation patiente, entre autres nécessaire pour améliorer la qualité de leur galop, font de très bons chevaux de loisir et de sport. Ils constituent tout d'abord une partie importante de la cavalerie des centres équestres, grâce à leur bon caractère, leur polyvalence et leur prix peu élevé. Pour le sport, ce sont également des chevaux parfaits pour les cavaliers amateurs, et ce, tout particulièrement en saut d'obstacles.

Utilisés en randonnées et dans le tourisme équestre, leur rusticité et leur endurance sont appréciées. Les trotteurs font également d'excellents chevaux de chasse. Leur endurance, leur calme, et leur générosité, sont autant de qualités nécessaires à la pratique de cette discipline. De plus, leur prédisposition pour le trot est plus qu'adaptée. Enfin, ils peuvent s'avérer également être de très bons chevaux d'attelage. Leur calme et leur force sont particulièrement adaptés à la discipline. Ainsi, la meneuse française Eve Cadi Verna a participé aux Championnats du monde en paire à Conty en août 2011 avec ses trotteurs français. Néanmoins, pour cette discipline, un dressage réellement approprié s'impose. Un trotteur réformé sera beaucoup plus difficile à travailler en attelage qu'un cheval n'ayant jamais couru. La traction d'un attelage n'a en effet rien à voir avec celle d'un sulky.

En saut d'obstacles, certains des meilleurs chevaux de sport français, comme Galoubet A et Jappeloup de Luze avaient un parent de race trotteur français.



Source : Wikipedia
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